Le Sentier du Caribou

« Un récit [...] de durs combats et de grands accomplissements [...] d’un esprit indomptable et irrépressible et de pertes désolantes. » The Daily News, St. John’s, 1917

Après Beaumont-Hamel, le Newfoundland Regiment est reconstitué avec de nouvelles recrues. De 1916 jusqu’à la fin de la guerre, nos hommes se battent de batailles en batailles, passant de la France à la Belgique. La liste de nos rencontres difficiles a reçu un nom : le Sentier du Caribou.

Le caribou devient un symbole de l’identité et de la fierté du « Fighting Newfoundlander » (du combattant terre-neuvien), à l’étranger et au pays. Avec le nom vient une réputation : robustes, courageux et compétents. Le couronnement arrive en 1917, lorsque le Newfoundland Regiment obtient la désignation « royal » du roi George V, le seul régiment ainsi honoré durant la guerre.

Gallipoli

« Nous étions tous des recrues [...] ils ont commencé à lancer des obus, et nous étions là, à découvert [...] nous ne savions pas quoi faire! » Souvenirs du soldat William Gellately
Newfoundland Regiment, milieu des années 1900

Les forces britanniques débarquent sur la péninsule de Gallipoli en avril 1915. De lourdes pertes signifient que le 7th Battalion Royal Scots est appelé en renfort, mais près de la moitié des hommes sont tués ou blessés en route dans un accident de train meurtrier. Le Newfoundland Regiment, un remplaçant de dernière minute, arrive à Gallipoli en septembre.

Nos marins de la Royal Navy patrouillent les Dardanelles depuis février. Gallipoli offre néanmoins aux soldats du Régiment de nombreuses expériences qu’ils ne connaissaient pas jusqu’à ce jour : leur premier combat et leur première expérience des tranchées : vivre avec la saleté, la maladie, la faim, le froid, la peur, la mort.

Gallipoli est un réel danger, une vraie guerre. Des leçons difficiles sont inculquées.

Souvenirs

Pour de nombreux soldats et marins de Terre-Neuve et du Labrador, la guerre offre une occasion inattendue de voir des pays étrangers et des cultures différentes. Comme les touristes d’aujourd’hui, ils collectionnent et envoient au pays des souvenirs, quand ils le peuvent, pour se rappeler « leurs expériences, particulièrement dans des « lieux exotiques », comme en Turquie et en Égypte.

Caribou Hill

« Ils affirment avoir atteint le point le plus proche de Constantinople – une colline qu’ils ont prise, et appelée Caribou Hill. » « Newfoundland Losses in the Advance » [Les pertes de Terre-Neuve pendant l’avancée], London Times, 8 juillet 1916

Gallipoli est le baptême du feu du Newfoundland Regiment. Une patrouille occupe et conserve une position turque le 4 novembre 1915. Trois de ses membres reçoivent les premières récompenses de bravoure et prouvent que les Terre-Neuviens sont de bons soldats. Les cartes portent le nom de « Caribou Hill » pour commémorer ce premier succès sur le champ de bataille.

Gueudecourt, France

12 octobre 1916

Dans une autre avancée combinée de l’offensive de la Somme, le régiment a vengé Beaumont-Hamel grâce à un assaut réussi contre les tranchées allemandes, le seul vrai succès de la journée.

Soldat William Sheppard

Newfoundland Regiment, matr. 2012

William Sheppard, originaire de Pools Island, a été blessé et laissé pour mort pendant l’action du régiment à Gueudecourt en octobre 1916. Un infirmier sur le champ de bataille l’a ranimé et l’a amené en lieu sûr. Il guérira, mais, atteint de la conjonctivite à bacille de Weeks, il sera démobilisé. De retour au pays, William perd une main dans un accident de tir.

Monchy-le-Preux, France

14 avril 1917

L’attaque a échoué de façon désastreuse avec de lourdes pertes, de nombreux hommes sont faits prisonniers. Dix hommes (dont neuf Terre-Neuviens) sauveront Monchy en retardant la contre-attaque.

Sergeant John L. Slattery

Newfoundland Regiment, matr. 2594

Le Newfoundland Regiment subit de lourdes pertes à Monchy-le-Preux en 1917, où John Slattery, originaire de St. John’s est blessé au bras par balle, ce qui lui vaut ce galon de blessé. Guéri, il est promu sergent, et a le droit de porter une badine. Après la guerre, il se joint à l’entreprise familiale de mercerie en gros.

Cambrai, France

20-29 novembre 1917

Lors de cette offensive pour franchir la ligne allemande d’Hinderburg, le régiment a pris la ville de Masnières et défendu les avancées alliées, ce qui lui a valu la désignation « royal ».

Soldat Levi Blake
Prisonnier de guerre (PG)

Newfoundland Regiment, matr. 2590

Blessé par balle et capturé à Masnières en 1917, Levi Blake, en tant que PG, est maltraité et sous-nourri. La Women’s Patriotic Association lui fait parvenir une blague à tabac et une pipe, exposées dans la vitrine centrale. Après avoir attaqué une sentinelle allemande, Levi est envoyé dans une prison civile en Allemagne, où il reste jusqu’à sa libération à la fin de la guerre.

Courtrai, Belgique

14–19 octobre 1918

Pendant les dernières semaines avant l’armistice, le régiment est aux premières lignes de l’offensive britannique vers la victoire. Pertes lourdes, résistance acharnée, mais succès final.

Soldat Charles Forsey

Newfoundland Regiment, matr. 3651

Lors de la poussée des Alliés en Belgique, le régiment a été bombardé alors que les hommes se reposaient. Charles Forsey, originaire de Gambo, est blessé en portant secours à ses camarades. Il sera amputé de la jambe par la suite. Pendant son hospitalisation, il a remarqué que le shrapnel avait atteint le livre qu’il avait mis dans sa poche poitrine, ce qui lui a sauvé la vie.

Matelot Sidney Randell

Newfoundland Royal Naval Reserve, matr. 1084X

Réserviste de la marine depuis 1902, Sidney Randell a été un des premiers à répondre au moment de la déclaration de la guerre. Il gardait ses effets personnels dans ce « petit nécessaire à repriser » à bord du bateau. Il a servi la plus grande partie de la guerre avec la Marine royale canadienne sur le NCSM Niobe. Sidney est décédé à 101 ans.

Beaumont-Hamel et le Sentier du Caribou