Soutenir la lutte

Les gens ont servi de bien des façons outre-mer. Certains donnaient des ordres, d’autres les exécutaient. Bon nombre d’hommes avec une formation ou une expérience spécifique occupaient des emplois spécialisés. Ils s’acquittaient de certains rôles essentiels : cordonnier, cuisinier, agent de transport – et tactiques : tireur d’élite, officier du renseignement. Parmi les autres rôles de soutien, il y avait les médecins, les conducteurs d’ambulance, les marins de la marine marchande et les bûcherons.

Forestry Corps (corps forestier)

Le bois d’œuvre était nécessaire pour les supports de tranchées, les allées (caillebotis) et les traverses de chemin de fer. Le gouvernement de Terre-Neuve autorisa la formation d’un corps forestier en avril 1917. Cinq cents hommes de Terre-Neuve-et-Labrador, dont certains trop vieux ou jugés médicalement inaptes au service, servaient comme bûcherons ou ouvriers dans les scieries en Écosse.

Roland Lacey

Marin marchand
Marine marchande de Terre-Neuve
A d’abord servi comme caporal suppléant au sein du Newfoundland Regiment

Blessé à Beaumont-Hamel, Roland Lacey est déclaré inapte pour le service et libéré. Il se joint par la suite à la marine marchande. Les marins rencontrent de grands dangers dans leurs tâches d’acheminement des fournitures essentielles en Grande-Bretagne. Le navire de charge SS Watanga est coulé en 1918 par un sous-marin allemand. Seul Roland survit.

Soldat Stewart Dewling

Infirmier
Newfoundland Regiment, matr. 20

Le personnel médical traite et sauve la vie des hommes blessés sur le champ de bataille, souvent sous le feu de l’ennemi et sur des terrains dévastés par la guerre. L’infirmier Stewart Dewling utilise des fournitures médicales de base comme celles-ci pour sauver des vies. Sa bravoure à Beaumont-Hamel lui vaut la Médaille militaire. Après la guerre, il ouvre une clinique de physiothérapie à St. John’s.

Capitaine Cluny Macpherson

Médecin militaire, Royal Army Medical Corps
Rattaché au Newfoundland Regiment

« [Le capitaine Macpherson] a rendu un service des plus précieux en inventant une forme de masque agissant comme protection contre les gaz, qui a été adopté par le War Office. » H. Fagg Batterbee, ministère des Colonies, Londres, au gouverneur Davidson, 9 mai 1915

Cluny Macpherson pratiquait la médecine dans sa ville natale, St. John’s, où il organisait les brigades des Methodist Guards et de l’Ambulance Saint-Jean. Médecin militaire au camp de Pleasantville, il arrive en Grande-Bretagne en mars 1915, chargé d’organiser le soutien médical pour les soldats terre-neuviens. On doit au docteur Macpherson l’invention de la première protection efficace contre le chlore gazeux, poison mortel, avec son simple Hypo Helmet, ou masque respiratoire britannique. Fait d’un tissu traité chimiquement que le médecin a testé sur lui-même, le masque est facile à produire en grandes quantités. À partir de juin 1915, 2,5 millions de ces masques sont remis aux troupes britanniques et impériales.

Détachement d’aide volontaire
Volontaires Elsie Herder et Mary Rendell

Elsie Herder et Mary Rendell, toutes deux originaires de St. John’s, se sont enrôlées dans le Détachement d’aide volontaire (D.A.V.). Elles ont servi outre-mer : Elsie dans des hôpitaux en Angleterre, Mary comme conductrice en Angleterre et en France. Mary a par la suite marié le frère d’Elsie, Ralph, un Blue Puttee.

Armine Gosling, volontaire

Conductrice d’ambulance
Détachement d’aide volontaire de la Croix-Rouge

En 1917, Armine Gosling, fille du maire de St. John’s, se porte volontaire comme conductrice d’ambulance pour la Croix-Rouge. Elle transporte les blessés du front vers les hôpitaux. Elle rentre à Terre-Neuve après la guerre.

« Je vous saurais gré de bien vouloir, vous ou lady Davidson, peut-être, informer Mme Furse [fondatrice du Détachement d’aide volontaire britannique (D.A.V.)] que cette ambulance est un don, et que les donateurs aimeraient qu’elle soit conduite par la conductrice Gosling si elle est toujours affectée au D.A.V. » Lettre de don du maire William G. Gosling, au nom des citoyens de St. John’s.
7 juin 1917

Capitaine George Hicks

Officier du transport Newfoundland Regiment

Une fois guéri de blessures subies à Beaumont-Hamel, George Hicks devient officier du transport, Sur son cheval préféré, Darky, George livre les rations et les munitions au front, souvent sur des routes dangereuses, très endommagées. George survit à la guerre et travaille pendant la Deuxième Guerre mondiale au recrutement de soldats.

Sous-lieutenant Leonard T. Stick

Officier Newfoundland Regiment

Premier Terre-Neuvien à s’enrôler, Leonard Stick est blessé à Beaumont-Hamel. Une fois guéri, il est promu au grade de sous-lieutenant et affecté au dépôt du régiment à Ayr, en Écosse, pour former les nouvelles recrues. Il a l’autorité de diriger un peloton de 50 hommes. Plus tard, il est transféré dans l’armée des Indes.

Lieutenant-colonel Henry Alfred Timewell

Administration militaire Newfoundland Regiment

Henry Timewell, comptable agréé, est nommé responsable de la paie pour le régiment; il organise le bureau de la paie et des dossiers à Londres. Promu au grade d’agent en chef d’état-major, il gère le fonds militaire (pour les rations, la paie et l’entretien de l’équipement), et tient les registres. Henry occupe ce poste jusqu’à sa retraite, en 1920.

Cuisinier du régiment

Nourrir les troupes est un défi permanent. Dans les cuisines de campagne, les cuisiniers de l’armée disposent de ressources limitées pour préparer les repas. Mais dans les tranchées, les hommes n’ont souvent que les rations qu’ils transportent – bœuf en conserve, biscuits très durs et confiture. Il est rare d’avoir des plats chauds et de l’eau de bonne qualité à boire. Les colis de nourriture reçus de la maison sont toujours bien accueillis.

Sergent William John (« Jack ») Driscoll

Instructeur régimentaire Newfoundland Regiment, matr. 3368

Après avoir reçu une balle dans le pied en 1917, le soldat Jack Driscoll met son expérience à profit en formant des recrues au dépôt de la réserve du régiment à Ayr, en Écosse. Il est promu au grade de sergent, ce qui lui donne l’autorité de commander à des hommes. Après la guerre, il ouvre une entreprise de vêtements à Harbour Grace.

Caporal Isaiah McConnell

Instructeur de tir Newfoundland Regiment, matr. 396

Isaiah McConnell, Irlandais d’origine habitant St. John’s, s’enrôle dans le Newfoundland Regiment, et combat à Gallipoli et en France. De retour de la guerre, il développe une bronchite et est hospitalisé. Inapte au combat, il est chargé d’enseigner la mousqueterie (le tir), signe de ses habiletés avec un fusil. Il est démobilisé pour raisons médicales en décembre 1918.

Sous-lieutenant John Henry Stanley Green

Royal Flying Corps 57e escadrille du Royal Flying Corps

Sert d’abord dans le Newfoundland Regiment

S’il comptait parmi les Cinq cents premiers, Stanley Green, de St. John’s, a obtenu d’être transféré dans le Royal Flying Corps en 1916. C’est là qu’il a appris les techniques de reconnaissance aérienne, de combat et de bombardement. En 1917, l’aéronef allemand capturé qu’il essaie en vol s’écrase en France. Stanley meurt des suites de graves brûlures.

Message de condoléances

« Votre fils était un de mes meilleurs pilotes et, comme vous le savez, il était dans l’escadrille depuis relativement longtemps. Son expérience de la guerre faisait de lui un pilote des plus utiles quand l’accident est survenu. » Écrit au père du sous-lieutenant Stanley Green par le commandant de la 57e escadrille du Royal Flying Corps.
7 juillet 1917

Sergent William Edward Snook

Cordonnier régimentaire
Newfoundland Regiment, matr. 640

De bonnes chaussures sont essentielles à la santé d’un soldat durant les longues marches et dans les tranchées. Les bottes doivent rester en bon état. William Snook, de Fortune, a servi pendant la guerre comme cordonnier à la « boutique de chaussures » du régiment. Une fois revenu de la guerre, il s’installera à Toronto.

Fanfare régimentaire

Des musiciens recrutés dans la fanfare de Burgh of Ayr forment la fanfare du Newfoundland Regiment en 1914. Avec des instruments donnés par l’homme d’affaires de St. John’s, sir Edgar Bowring, la fanfare est une vitrine de prestige pour Terre-Neuve et divertit les troupes. Forte de trente hommes, elle joue partout en Grande-Bretagne, pour le roi, et deux fois pour le régiment en France.

Lieutenant Robert (« Bert ») Holloway

Officier du renseignement et tireur d’élite Newfoundland Regiment

Après avoir fondé le studio Holloway avec sa sœur Elsie, Bert s’est enrôlé dans le Newfoundland Regiment. En tant qu’officier du renseignement et tireur d’élite, Bert a joué un rôle essentiel dans la capture de cibles allemandes et pris de grands risques pour recueillir des informations. Salué pour « sa bravoure et son sens de l’initiative », il est mort à Monchy-le-Preux en 1917.

Beaumont-Hamel et le Sentier du Caribou