La vie au front

« J’ai [...] vu le pire de la guerre avec la tranchée remplie de morts dans toutes sortes de formes horribles. » Souvenirs du sergent Anthony James Stacey
Newfoundland Regiment, années 1960

Pour les soldats, la vie entre les éclats des combats était souvent si routinière qu’elle en devenait ennuyeuse. Les tâches étaient assignées, les ordres suivis. On essayait de rester en forme et en bonne santé, et on vérifiait que l’équipement était en bon état de fonctionnement. La vie dans les tranchées présentait certains dangers, comme les raids nocturnes, les tireurs isolés, les bombardements et la terreur silencieuse des gaz toxiques. Mais le combat était bien pire. Le rugissement des bombes dans les oreilles, le terrain qui pouvait sauter sous les explosifs et une pluie battante d’éclats d’obus. Les obus et les balles déchiraient les camarades. Les chances de survivre sans être blessé étaient très faibles. Quand vous receviez l’ordre de passer à l’attaque, vous l’exécutiez sans réfléchir.

Rester en forme pour le combat

La routine dans l’armée se vivait loin des tranchées, là où le nettoyage et l’entretien des corps, des vêtements et de l’équipement préparaient à l’action. Tous les hommes étaient équipés d’une trousse de nettoyage pour leur fusil Lee Enfield. Les défilés et les inspections stimulaient la discipline et le moral des troupes. En se tenant occupés, les soldats évitaient de s’attarder sur les expériences difficiles.

Conditions misérables

La promiscuité, la saleté et la vermine dans les tranchées favorisaient l’apparition de la dysenterie, la fièvre et l’infection. L’eau froide et la boue causaient le « pied des tranchées ». Les hommes transportaient des sacs de toilette personnels, mais il était impossible de rester propre, peu importe le nombre de poux que l’on enlevait. La maladie a emporté de nombreux soldats expérimentés.

Trophées pris à l’ennemi

Il s’agit d’une tradition ancienne : les soldats conservent des souvenirs de leurs expériences de guerre. Les Terre-Neuviens ont pris ces objets sur le champ de bataille ou sur des ennemis morts ou capturés. Le casque allemand Pickelhaube était un souvenir personnel particulièrement apprécié. Les armes et pièces d’équipement étaient des symboles de succès, souvent expédiés au pays.

Ne vous enrôlez pas pour la cuisine

Les repas dans les tranchées étaient des diversions bien accueillies, mais la nourriture était pauvre et peu diversifiée. Il s’agissait souvent de bœuf salé en conserve, de biscuits de soldat et de confiture – et d’une ration de rhum au déjeuner. Les soldats portaient des gamelles et des gourdes et avaient toujours hâte de recevoir des colis de la maison avec des gourmandises et du tabac.

Le Newfoundland Regiment : La vie loin du front

Lecture de lettres et nouvelles de la maison.
Épluchage de pommes de terre.
Dégustation de crème glacée.
Le corps de tambours et de clairons de Terre-Neuve
« Réparation de chaussures pendant que vous attendez sur la ligne de front »
Nettoyage des ustensiles.
Arrivée de soldats blessés au service religieux.

Beaumont-Hamel et le Sentier du Caribou