Conséquences

« Des hommes blessés qui avaient réussi à avancer un peu en rampant se sont jetés dans la tranchée [britannique], tombant avec un bruit sourd. » Souvenirs du major et adjudant Arthur Raley
Newfoundland Regiment, 1921

Les quelques survivants qui n’avaient pas réussi à gagner du terrain se mettent à l’abri dans des trous d’obus ou rampent prudemment vers la sécurité. Tout mouvement attire le feu ennemi. Un enfer d’un nouveau genre apparaît : tireurs embusqués, bombardements, soleil de plomb et soif.

Certains retournent aux tranchées alliées. Médecins et soldats risquent leur vie pour sauver d’autres soldats.

« Notre bataillon a été décimé avant même que nous ayons pu atteindre notre propre ligne de front. » Souvenirs du capitaine Sydney Frost
Newfoundland Regiment, 1966
« Nous avons recueilli quelques hommes; certains étaient traumatisés par les bombardements et ne pouvaient pas parler. Nous reconnaissions les nôtres grâce à la lettre “N” sur leur casque d’acier. » Souvenirs du sergent Anthony James Stacey
Newfoundland Regiment, dans les années 1960

Des nouvelles au pays

« Ce fut un magnifique exemple de vaillance exercée et disciplinée, et son offensive [n’a échoué que] parce que les morts ne peuvent plus avancer. » Général Aylmer Hunter-Weston, commandant de la 4e Armée britannique, VIIIe Corps, corps expéditionnaire britannique
dans une lettre adressée au premier ministre Morris, le 26 juillet 1916

Sur 801 hommes, seulement 68 répondent à l’appel du Régiment : des pertes déchirantes et seulement une petite partie du nombre total de victimes alliées le 1er juillet. La bataille de la Somme fait rage pendant des mois tandis que notre Régiment se reconstruit. Il est envoyé en Belgique, et il est renvoyé à la Somme en octobre 1916.

Capitaine et quartier-maître Michael Francis (« Frank ») Summers

Newfoundland Regiment

Frank Summers, un Blue Puttee, est un avocat respecté et un officier du corps de cadets catholique au moment où il s’enrôle en septembre 1914. Atteint par un obus à Beaumont-Hamel, il meurt de ses blessures deux semaines plus tard. Son bracelet d’identification est envoyé à ses parents après sa mort.

« Si c’est la volonté de Dieu que je ne survive pas, que Sa volonté soit faite. » Le capitaine et quartier-maître Frank Summers, du Newfoundland Regiment, dans une lettre à ses parents depuis Beaumont-Hamel, le 18 juin 1916

Frank est atteint mortellement le 1er juillet 1916.

Soldat Francis Thomas (« Mayo ») Lind

Newfoundland Regiment, matr. 541

Les lettres franches de ce comptable originaire d’un petit port isolé de Terre-Neuve, qui compte parmi les Cinq Cent Premiers, sont publiées dans le The Daily News. Son surnom « Mayo » lui vient de ses demandes répétées de tabac Mayo. Il écrit sa dernière lettre le 29 juin 1916, quelques jours avant de perdre la vie à Beaumont-Hamel.

CHARGE OF THE HERO BAND

1er juillet 1916

Leurs noms résonneront à jamais,
Leur histoire, nous la conterons
Aux futures générations,
La façon dont sont morts nos soldats.
Aucune charge ne fut jamais plus brave
En mer ou sur terre,
Et ne pourra jamais les dépasser en courage
Ces garçons de Terre-Neuve
[...]
Dans de nombreuses maisons à Terre-Neuve,
Des cœurs sont aujourd’hui brisés.
Des mères pleurent leurs fils bien aimés
Si tôt disparus.
Mais la tristesse le dispute à la joie
Une joie mêlée d’honneur
De penser qu’ils n’eurent pas peur
De mener un combat juste.

R.B.

Extrait du poème Charge of the Hero Band, 1918. Tiré de 100 Local Poems, de Richard Bugden, inspiré des événements de Beaumont-Hamel

« Dites à tous nos amis que les membres du First Newfoundland vont bien et qu’ils ne se sentent jamais découragés. » Soldat Frank « Mayo » Lind
Newfoundland Regiment, France, 1916

« Notre fanfare a entonné The Banks of Newfoundland, et nous avons marché fièrement, suivant le rythme comme si nous venions de faire une parade, et non de sortir des tranchées de la Somme. » Souvenirs du soldat Howard Morry
Newfoundland Regiment, milieu des années 1900

Promotions sur le champ de bataille

Après le 1er juillet, il est prioritaire de remplacer les officiers et soldats morts à Beaumont-Hamel, comme le montre cette liste. Fait rare, certains officiers sont même promus sur le champ. Leur défi est de former les renforts et de les diriger dans l’action en Belgique quelques semaines plus tard.

Sous-lieutenant Wilfrid Ayre

Newfoundland Regiment

« Wilfrid est tombé dans une brèche de notre propre ligne de barbelés. » A. L. Hadow, lieutenant-colonel, commandant du Newfoundland Regiment
Dans une lettre à Charles P. Ayre, père de Wilfrid, 18 octobre 1916

Wilfrid Ayre a été l’un des quatre membres de la famille Ayre à mourir à la bataille de la Somme le 1er juillet 1916. Ce pistolet, qu’il portait pendant l’assaut, a été retrouvé plus tard sur le champ de bataille à Beaumont-Hamel. Les effets personnels de Wilfrid, incluant ses insignes, furent envoyés au pays, à sa famille.

Beaumont-Hamel et le Sentier du Caribou