Prendre soin des blessés

« Quand il est rentré à la maison, il ne sortait pas. Il restait dans sa chambre » Souvenirs de Desmond Jagger-Parsons, en 2014, à propos de son arrière-grand-père, de retour à Hibbs Cove après la guerre

Ceux qui revenaient d’outre-mer étaient souvent blessés ou malades et beaucoup souffraient d’une profonde détresse mentale. Les hôpitaux nouveaux et existants étaient dédiés aux anciens combattants et leur rétablissement n’était pas toujours possible. Les stigmates de la guerre sur le corps des vétérans, les conditions dans les tranchées, les gaz toxiques, les blessures horribles, signifiaient souvent vivre avec une santé défaillante ou mourir prématurément.

Capitaine Philip Jensen

Canadian Royal Highlanders Regiment

Le Terre-Neuvien Jensen, capitaine dans l’armée canadienne, est exposé aux gaz et gravement blessé à Ypres. Traité dans un poste de la Croix-Rouge, il reconnaît devoir la vie sauve au personnel. De retour de la guerre, il parcourt Terre-Neuve pour raconter son expérience et recueillir des fonds afin d’ouvrir un sanatorium, le camp Jensen.

Camp Jensen : hôpital pour tuberculeux

« Une salle pour contenir dix lits est alors construite, avec un salon exposé au soleil. » « An Account of the Jensen Camp » [Description du camp Jensen],
Evening Telegram, St. John’s, 31 juillet 1917

De nombreux soldats sont atteints de tuberculose à cause des conditions de vie outre-mer. En 1916, un sanatorium – le camp Jensen – est inauguré à St. John’s pour isoler et traiter les malades. Pendant leur « cure de repos », les patients lisent, tricotent, font de l’artisanat. Il porte le nom du capitaine Philip Jensen, de Harbour Breton, qui a dirigé les opérations de financement.

Hôpitaux : nouveaux besoins

« Dans tous les hôpitaux de St. John’s, il y a des hommes qui [...] attendent de recouvrer la santé. » « An Appeal to the Women of St John’s » [Appel aux femmes de St. John’s]
Evening Telegram, St. John’s, 12 juin 1919

Avec le retour de soldats malades et blessés le besoin de plus d’hôpitaux et de services de répit se fait sentir. Dans plus d’une douzaine d’établissements nouveaux et existants, on traite les vétérans amputés, traumatisés par les bombardements, blessés, défigurés et atteints de maladies. Nombreux sont ces établissements qui ferment à mesure que les soldats guérissent, rentrent à la maison, décèdent.

Soldat Allan Tetford

Royal Newfoundland Regiment matr. 3549

Allan Tetford, de Laurenceton, est blessé par balle en 1918. Dans les années 1950, il se rend à l’hôpital à Botwood à cause de douleurs à la poitrine. Cette radiographie de la poitrine révèle la présence d’une balle, non détectée pendant des années. Les médecins ont décidé de ne pas opérer et la balle est restée en place jusqu’au décès d’Allan en 1973.

Caporal suppléant Albert Chaffey

Royal Newfoundland Regiment matr. 2337

À la suite de blessures par balle, Albert Chaffey perd la jambe droite et est blessé à la gauche. Équipé d’une jambe artificielle, il est retourné à Musgravetown avec ce fauteuil roulant. Comme celui-ci peut difficilement emprunter les routes de ce village isolé, Albert utilise plutôt des béquilles. Il modifie aussi une Ford modèle A de 1930 pour être capable de la conduire.

Soldat Frederick (« Fred ») George Roberts

Royal Newfoundland Regiment matr. 440

Fred Roberts perd un bras quand il est blessé par balle à Beaumont-Hamel et rentre dans les Îles Change avec sa prothèse. Dans son testament, son père demande que « tous ses frères [...] fassent tout en leur pouvoir pour le soulager de la perte de son bras, et l’aider à mener une vie agréable. »

Soldat Edward White

Royal Newfoundland Regiment matr. 1084

Edward White de Twillingate est blessé à Gallipoli. Il est amputé d’une jambe sous le genou. Jugé médicalement inapte, mais décidé à jouer un rôle dans l’effort de guerre, il se réengage comme recruteur à Terre-Neuve. Selon sa famille, White se déplacera avec énergie sur sa prothèse de jambe toute sa vie.

Beaumont-Hamel et le Sentier du Caribou